A l'origine 1991- le 20 novembre, date anniversaire de l'adoption de la C.I.D.E., avait un sens : prolonger le dialogue entre les pouvoirs publics et les associations pour mettre en exergue ce qui avait été fait l'année écoulée, aborder les points faisant problème et esquisser ce que pourrait être les avancées à venir, les associations revendiquant, les pouvoirs publics tenant un discours plus réaliste. Cette démarche est exigeante, mais passionnante. Elle est d'intérêt général. Chacun a y gagner.
Depuis quelques années et paradoxalement et encore plus depuis que le 20 novembre est devenu Journée sur les droits de l'enfant, ce dialogue n'arrive plus à se nouer. On s'ingénie à tourner autour du pot pour organiser un temps de parole qui ne soit nullement un temps d'affrontement au bon sens du terme entre pouvoirs publics et associations. On envoie à grands frais - par exemple dans les tribunaux - des cartons d'invitation vides de sens pour ceux qui les reçoivent. Résultat le vide absolu.
Les associations et leurs militants sont absents du lieu de rendez-vous, les administrations restent chez elle. Où étaient les 150 associations membres du COFRADE ; où étaient les pouvoirs publics. A peine, quelques dizaines de participants, la militance chevillée au corps avaient fait le déplacement sur un programme famélique qui n'était pas connu un mois plus tôt. On organise en catastrophe deux tables rondes occupationnelles et l'après-midi on présente des spectacles pour enfants et les ministres prononcent un beau discours devant les enfants réunis là et leurs accompagnateurs ! Une caricature. Comment dans ces conditions peut-on avoir un programme de travail pour l'année à venir et prolonger des échanges qui n'ont pas eu lieu.
Il faut en finir avec cela. Personne n'a à y gagner.
Ne galvaudons plus le " 20 novembre ". Ne s'agit-il pas d'un rendez-vous original entre pouvoirs publics et associations sur une loi ? Connaît-on d'autres illustrations comparables ? Il n'y en est pas. Pouvoirs publics et associations, dans l'esprit de la Convention, ont donc une responsabilité commune pour redresser la barre. Et dès aujourd'hui pour que nous ayons un " 20 novembre " 2000 fort et utile.