De : dominique.voynet@voynet2007.fr [mailto:dominique.voynet@voynet2007.fr]
Envoyé : jeudi 5 avril 2007 16:55
À : contact@dei-france.org
Objet : réponse à votre courrier

 

Madame Sophie GRAILLAT
Secrétaire général de DEI France


Paris, le 5 avril 2007.

Madame,

Je vous remercie pour votre courrier par lequel votre association m’interpelle en tant que candidate à la présidentielle.

Je vous prie de trouver ci-après l'ensemble de mes propositions en matière d'enfance qui, je l'espère, répondront à vos principales questions.

Petite Enfance
La Petite Enfance ne fait l’objet d’aucun contrôle (hors de trois consultations en deux ans dont une à la sortie de la maternité) ; ce qui ne permet pas de détecter des manquements dont les conséquences se manifesteront au cours de l’âge mûr, au prix souvent, de lourdes prises en charge par la collectivité. Cette éducation serait facilitée si les structures d’accueil n’étaient pas si rares : une place pour 19 enfants ! Ce manque de crèches et la généralisation du travail féminin conduisent à encourager la scolarité précoce des enfants, surtout ceux des milieux défavorisés, dès l’âge de deux ans. En effet, puisque, il n’y a pas de places en crèche à moins de 100 Û/mois quand l’école, elle, offre l’intérêt d’être gratuite.

Cette situation est inacceptable. De surcroît, l’école, est encore souvent inadaptée à recevoir des enfants en bas âge, quand on regarde les locaux, la structuration du temps, le gigantisme de certains groupes scolairesÉ
Les maîtres ne bénéficient généralement d’aucune formation sur le développement du petit enfant ; pire, de récentes circulaires tentent de transformer l’école maternelle en camp de base de la scolarité.

On ne peut que s’élever contre cette extension de la scolarisation à deux ans dont les objectifs visent plus la garde que l’épanouissement des enfants et demander l’ouverture, en nombre suffisant, d’établissements pré-scolaires, des structures adaptées, crèches familiales ou collectives. De plus, pour les enseignants de maternelle, une formation spécifique est indispensable.
Il faut que l’Etat fixe les grandes lignes d’une politique cohérente de la petite enfance, abandonnée aujourd’hui aux politiques inégales des Conseils généraux. Pourtant, en signant la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant du 20 novembre 1989, la France s’est engagée par l’article 20 à ce que ce soit l’Etat qui assure une protection et une aide spéciale à l’enfant.
Pour cela, je propose de développer de développer une politique publique de la petite enfance prise en charge 1/3 par l'état, 1/3 par les communes et 1/3 variable en fonction des réalités des communes.

Les rythmes de vie de l'enfant
Les remarques faites sur la petite enfance s’appliquent aussi à l’enfance. Il n’est pas acceptable que les rythmes de vie des enfants soient aussi dépendants de la vie professionnelle des adultes ou des contraintes marchandes du tourisme. La commune est le cadre adapté pour rééquilibrer l’organisation de la journée de l’enfant (harmonisation entre temps scolaire, temps familial, temps de loisirs autonome, temps de repos ou de détente). Nous renvoyons ici à nos propositions en faveur d’un établissement public communal de l’enfance.
Mais les entreprises ont leur rôle à jouer pour adopter des mesures en faveur de l’adaptation des temps professionnels des parents et proches. Les communes, communautés, « pays » doivent jouer un rôle incitatif.

Droit international
Je souhaite que le France respecte ses engagements internationaux quant aux Droits de l'être humain, quels qu'ils soient, et donc à fortiori celui des enfants, et ceux contenus dans le CIDE. Les engagements ainsi signés doivent évidemment se traduire dans le droit français.
La future présidence française de l'Union européenne permettra de donner à ces éxigences une ampleur européenne. Je m'y engage.

Je vous prie de recevoir, Madame, mes cordiales salutations.

Dominique Voynet

 

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