RAPPORT 2000
Chapitre VI
Articles de la C.I.D.E. concernés
|
Coopération |
art 4, 23-4, 24-4, 28-3 |
1. Quelques rappels peut-être pas inutiles
En ratifiant la C.I.D.E., les Etats s'engagent à en appliquer ses dispositions
dans leurs pays mais ils s'engagent également à une coopération à l'égard
des autres Etats, voire plus. Les articles 43, 44 et 45 posent les principes
d'un contrôle par les organes des Nations Unies et les bases de son organisation,
mais la lecture de toute la Convention fait ressortir la nécessité d'utiliser
l'ensemble des dispositifs des relations internationales et de la coopération
pour que les Etats engagés atteignent les objectifs visés.
Diverses modalités de rédaction ont été utilisées pour créer pour chaque Etat
une véritable obligation d'étendre au domaine des relations internationales,
son engagement en faveur des enfants. La plus simple est celle des articles
17, 22, 23, 24 et 28 qui renvoient explicitement à la coopération, aux relations
et aux organisations internationales. Les articles 42, 44 et 45 décrivent le
dispositif de surveillance mis en place à titre permanent, apparenté au système
de l'Organisation des Nations Unies. L'article 21 impose à l'Etat d'accueil
de l'enfant de garantir la moralité de la rencontre pour adoption qui a lieu
à l'étranger, sans préciser par quel moyen. Il faut alors faire appel à la théorie
des compétences implicites, élaborée pour les organisations internationales
et maintenant bien admise.
A la lumière des développements récents du droit international, on peut interpréter
comme une ouverture vers le droit d'ingérence l'article 4 aux termes duquel
les Etats s'engagent à mettre en œuvre les droits économiques, sociaux
et culturels, y compris dans le cadre de la coopération internationale. En ce
sens, on remarque que le droit à la vie de l'article 6 est reconnu à tous les
enfants, et cet adjectif peut s'entendre comme y compris ceux qui n'habitent
pas sur le territoire.
Certains droits qui donnent matière à action internationale comme ceux de l'article
10 ou 22, relatifs à l'entrée et au séjour sur le territoire national ont déjà
été traités à d'autres chapitres de ce rapport.
Ce cadre général posé, on peut revenir au bilan de l'action de la France en
2000.
2. L'espace européen commence à se meubler
D.E.I-France a le souci de la construction d'un véritable espace social européen,
dans lequel les droits de la personne soient enfin pris en compte par delà les
travaux du Conseil de l'Europe quand, aujourd'hui, on en reste encore à un espace
économique.
Les résultats du travail accomplis pour déboucher sur une Charte européenne
doivent indéniablement être salués. On pourrait en tracer les limites ;
nous préférons comme nous le faisions en introduction de ce rapport saluer les
avancées sachant que tous les pays européens ont signé et ratifié la Convention
des Nations unies.
Nous souhaitons simplement qu'elle puisse être adoptée au sommet de Nice
en décembre 2000 avec une référence explicite à la CIDE.
La future Charte se réfère explicitement et implicitement à la CIDE qui est
leur loi commune sous réserve justement des réserves différentes qui ont pu
être dépassés par les Etats au moment de leur ratification.
D.E.I.-France demande au gouvernement français de faire élaborer ou de rendre
public si ce travail a déjà été fait un état des réserves déposées parles Quinze
lors de leur ratification de la CIDE
D.E.I.-France attendait et attend toujours du gouvernement français qu'il use
des moyens diplomatiques en sa possession pour que l'Union Européenne soit explicitement
déclarée légitime à avoir une politique de l'enfance sinon de la famille, quand
aujourd'hui les mots “ enfant ” et “ famille ”
ne figurent pas dans les traités de l'Union.
Comme nous le développons plus haut la future Charte européenne en typant les
droits spécifiques des personnes mineures d'âge et en veillant à ce que tous
les autres droits leur soient ouverts répond à l'attente minimale que l'on pouvait
avoir. On retrouve d'ailleurs dans la rédaction des expressions et formules
directement tirées de la CIDE
D.E.I.-France demande que soit légitimée dans les traités européens la politique
en faveur de l'enfance et de la famille
3. Le bilan de l'engagement français pris au Sommet Mondial pour l'enfance de 1990 serait bien utile.
D.E.I-France regrette que la France n'ait pas rendu public un bilan des actions
menées et des résultats acquis à l'échéance du programme adopté par les 79 chefs
d'état et de gouvernement – dont Michel Rocard, représentant la France
– à New York les 29 et 30 septembre 2000.
Force est même de reconnaître que ce dixième annjversaire est passé totalement
inaperçu. Comme personne ne s'est vraiment préoccuper – sinon quelques
velléités initiales - de mettre en place sur 10 ans le comité de pilotage national
prévu par l'accord passé à New York.
On ne pouvait pas avoir plus banaliser ce fait sans précédent qu'avait constitué
ce sommet mondial rassemblant la moitiés des chefs d'Etat de la planète dans
la foulée de l'adoption de la CIDE. Des dispositions ont semble-t-il été prises
entre l'Elysée et Matignon pour faire ce bilan en 2001
Dans l'esprit de la Convention des Nations unies qui donne aux ONG un rôle d'interpellation
nous revendiquons que ce bilan soit fait publiquement et dans des conditions
qui ne tournent pas à l'autosatisfaction même si certainement nous n'avons pas
à rougir comme pays des actions menées. Il faut donc que le bilan gouvernemental
soit soumis en temps utile pour avis-critique aux ONG
D.E.I.-France revendique de disposer au plus tôt du bilan d'application des
engagements souscrits pour la décennie, lors du Sommet mondial de l'enfance
de septembre 1990 afin d'en faire une analyse critique pour les manifestations
programmées sur 2001.
4. Les protocoles additionnels à la Convention des Nations unies
On ne peut que se réjouir d'avoir vu ces deux travaux que la France a soutenu
sinon impulsé contre l'avis de bien d'autres Etats trouver leur concrétisation.
On sait que la Convention est un texte de compromis. Très vite sur ces question
la rédaction retenue était un peu « courte ». Le nombre d'enfants
engagés dans les conflits armés de par le monde (ne citons que les enfants soldats
du Rwanda) et la prise de conscience de l'importance de l'exploitation sexuelle
des enfants que M° Pettiti qualifiait de crime contre l'humanité ont fait litière
des réserves ?
Les deux protocoles ont été adoptés par l'Assemblée générale de l'ONU le 25
mai dernier.
Le 6 septembre 2000 le président de la République à l'occasion du sommet du
millénaire a annoncé la décision de la France de ratifier ces deux textes :
Dont acte
61- La coopération publique et privée de la
France
611
La France et l'UNICEF
Déjà, il n'est pas inintéressant de dresser le tableau de la contribution
financière publique et privée de la France à l'U.N.I.C.E.F. (Fonds mondial pour
l'enfance). Il va de soi que ces chiffres ne résument pas toute la coopération
française. L'Etat français paie une quote part - singulièrement diminuée durant
la décennie -, mais ce sont les dons privés qui font l'essentiel.
La France est aujourd'hui le 8e pays du monde pour l'ampleur de ses
dons à l'U.N.I.C.E.F, mais la contribution de la part du gouvernement reste
très faible par rapport à l'ampleur des dons privés.
Le Rapport annuel 2000 de l'UNICEF est ici la référence publique sur laquelle on doit s'appuyer
En 1999, la France est 13° position pour les dons publics et 4e
pour les dons privés. Elle est au final en 8° position en valeur absolue et
en 16° position de la contribution par habitant: 0,82 dollars
La contribution publique était de 7 704 011 dollars pour le budget commun et
de 77 790 dollars pour les fonds supplémentaires
Le Comité français a abondé à hauteur de 35 010 210 dollars pour le budget commun
et 5 740 854 pour les fonds supplémentaires (26 076 dollars viennent d'autres
donateurs français )
Globalement la contribution française est donc de 48 403 362 dollars pour 1999.
Et le budget total de l'U.N.I.C.E.F. est d'une modestie ridicule et scandaleuse
même s'il a cru de 1998 à 1999 : 1 118 millions de dollars en 1999 pour 966
millions de dollars en 1998 alors que la seule aide publique au développement
de la France se monte à 6,35 milliards de dollars. Par comparaison, le budget
de l'Aide sociale à l'enfance en France est de 30 milliards de francs, soit
5 fois plus pour les 350 000 enfants suivis ou pris en charge !
612
La coopération privée
Force est de constater la forte implication de la société civile française pour
venir en aide aux enfants du monde. Ces investissements humains, financiers,
techniques sont d'une telle variété et d'une telle richesse que personne ne
peut penser en rendre compte d'une manière exhaustive. Il est évident que la
France n'a pas à rougir de ce qui est fait ses nationaux, notamment sur le plan
associatif, font dans ce domaine.
On se contentera de rappeler ici, pour les saluer,
l'engagement du Comité français pour l'UNICEF qui notamment à travers
l'opération carte poste “ ratisse ” une contribution de
quelques 40 milliards de francs, 3 fois plus que la contribution publique. C'est
bien grâce à cette contribution que la France est en 8° position de pays donateurs
puisque la contribution publique nous place en 14° rang.
L'engagement des ONG à dimension internationale comme Médecins du Monde
lauréat 1999 du Prix Nobel de la paix, Médecins sans frontières, Amnesty international
ou encore Handicaps International fers de lance de la présence française auprès
des enfants en souffrance du monde. On saluera spécialement Médecins du Monde
qui s'occupe aussi des enfants “ pauvres “ de France
notamment avec son camion hôpital.
613
La contribution publique
Enfin, les Institutions supranationales, notamment sur les questions des adoptions
internationales, du droit de garde des enfants dans les conflits conjugaux transnationaux
et la troublante quadrature du cercle constituent des questions des mineurs
non accompagnés, des enfants issus de l'immigration et des enfants soldats.
A l'heure du XIe anniversaire de la Convention Internationale des Droits de
l'enfant, D.E.I.-France constate avec regret, que ces lieux de socialisation
de l'enfant connaissent des mutations, ou sont obligés de faire la mue de leur
vocation, ou dialoguer certains aspects de leur mission sous l'effet conjugué
de l'efficacité budgétaire et/ ou de la compétitivité internationale; donc de
globalisation des démarches.
A défaut d'expliquer les facteurs récurrents entraînant le développement des
situations paradoxales de la communauté Internationale quant à leurs incidences
sur les droits de l'enfant (Etats-parents et enfant se veulent solidaires tout
en se détestant cordialement), D.E.I.-France se demande comment l'idée de citoyenneté
de l'enfant se traduit dans la réalité des rapports quotidiens entre les forces
légitimes et légales des Etats et du marché, ici, maintenant et partout ? Comment
faire sauter les entraves et autres obstacles sur les voies d'accès progressifs
de l'enfant à ses droits et favoriser l'articulation de ces droits avec les
exigences d'une communauté internationale en mutation socio-économique permanente
ou en conflit ?
Comme il vient d'être rappelé, l'évolution des relations internationales a particulièrement
généré - depuis ces dix dernières années - une modification des rapports de
forces en présence, entre droit et légitimité, notamment en ce qui concerne
leurs impacts sur l'enfant en adulte en miniature ou citoyen en devenir. Pour
comprendre l'intérêt de la résurgence du concept de citoyenneté de l'enfant
dans les discours, des acteurs, aussi bien du secteur associatif, institutionnel
que de la scène internationale, il faut examiner au préalable, en quoi l'enfant
sujet de droit dans une institution participe-t-il à l'évolution de la société
internationale en générale et de la société française en particulier ?
D.E.I.-France suggère, en la matière, l'urgente nécessite de revisiter par
une relecture plus adaptée et innovante des outils, de vérifier la transversalité
sur le plan opératoire de ces outils et leur utilisation dans le cadre de partenariats
de réseaux, fondé sur la démocratie de médiation ( ou la médiation citoyenne).
La France est l'un des pays riches qui contribue à hauteur de 0,45% de son P.N.B.
soit 48 290 millions de dollars à l'aide publique au développement dans
le monde, ce qui fait d'elle à la fois un donateur important et un bailleur.
Une des conditions de réussite de ces recommandations tient à ce que l'on veille
à l'utilisation des outils et à la vérification de leur transversalité, qui
s'avère plus que jamais nécessaire.
6I4
Quand les éléphants se battent, ce sont les fourmis qui sont écrasées.
On ne peut pas s'attacher au sort fait à trop d'enfants victimes des guerres
entre Etats et autres conflits armés internes ou internationaux. Mais, il est
bien d'autres atteintes aux droits de l'homme de l'enfant.
Dans les conflits armés, le danger premier est pour la vie. Le droit d'ingérence
se justifie donc lorsque la garantie de l'article 6 est en jeu. Mais protéger
les enfants, c'est aussi punir ceux qui les ont persécutés. Il faut souligner
que la France a adopté la loi Constitutionnelle du 8 juillet 1999 pour pouvoir
ratifier le traité signé le 18 juillet 1998.
La reconnaissance de la Cour pénale Internationale est dorénavant inscrite à
l'article 53-2 de notre Constitution. D.E.I-France s'en réjouit.
D.E.I.-France demande que la France ait une politique encore plus audacieuse
en matière d'ingérence humanitaire, tant dans la pratique que pour faire avancer
le droit et qu'elle s'engage totalement dans le processus de création de la
Cour de Justice Internationale
62 Les enfants soldats malgré
eux.
Selon Amnesty International, il y aurait plus de 300.000 enfants soldats engagés
dans trente foyers de guerre à travers le monde et certains n'ont même pas dix
ans. C'est un crime contre l'enfance car, dans les dix dernières années, on
estime que :
2 millions de jeunes de moins de 18 ans sont morts pendant des guerres ou des
conflits.
Au moins 10 millions d'enfants ont vécu des scènes de guerre ou été témoins
d'atrocités (Libéria, Rwanda, Sierra Leone, Somalie, etc.). Plus de 4 millions
d'enfants ont été blessés dans des guerres ou des conflits ( Angola ).
Plus de 5 millions d'enfants ont été obligés de se réfugier dans des camps.
Plus de 1 million d'enfants ont été sépares de leur famille.
90% des pertes humaines pendants les guerres sont des civils, dont plus d'un
tiers sont des enfants.
44 pays recrutent des enfants de moins de 18 ans pour servir dans leur armée
nationale.
Vu l'impact des conflits armés sur les enfants
D.E.I.-France recommande concrétement:
o une lutte contre l'utilisation des enfants soldats et l'arrêt de ce crime contre les innocents car, il n'y a plus d'enfance pour les enfants.
o sous l'impulsion des vieilles démocraties - dont la France fait partie - on doit envisager un monde, une société à l'abri des conflits militaires où les enfants puissent grandir comme des enfants et non comme des armes de guerre.
o le gouvernement français se doit d'exercer une vigilance de toute épreuve, quitte à conditionner l'octroi de l'aide publique au développement du respect des droits de l'enfant et de participer, ainsi, à la promotion d'une société où l'être humain soit plus important que les possessions matérielles où les enfants constituent un bien précieux et où puissent régner la compassion, le sens du partage et de la solidarité entre les générations.
63
L'engagement de la France dans le conflits armés
Nous avons salué plus haut comme il se devait la ratification du protocole
additionnel à la Convention.
D.E.I.-France ne peut que saluer les efforts développés par la puissance publique
pour faire admettre par la communauté internationale, l'idée d'un droit d'ingérence
des Etats dans d'autres Etats, quand les droits de l'homme essentiels sont bafoués
ou menacés.
On pourra toujours politiquement s'interroger sur les délais mis pour cristalliser
telle intervention ou s'interroger sur les causes qui engagent la communauté
internationale quand l'autres ne mobilisent pas ! Reste que dans cette fin de
siècle où on ne peut plus prétendre qu'on était dans l'ignorance, le droit d'ingérence
a progressé. Ce que vivent les enfants soldats mais tout simplement les enfants
civils victimes des conflits (enlèvements, mines anti-personnelles, agressions,
massacres, etc.) justifient notre vigilance et notre mobilisation.
Reste à se doter d'une police et d'une Justice internationale. On attend beaucoup
de la Cour de Justice Internationale en cours d'installation. Elle ne manquera
pas de joue r une rôle essentiel dans la défense des droits de l'homme et des
droits des enfants dans les cinquante ans à venir.
La situation des enfants Irakiens
A mettre l'éclairage sur telle situation dramatique de la planète on s'expose
à être accusé de ne pas être objectif, au minimum de se justifier. Le sort de
la population irakienne justifie notre préoccupation comme par ailleurs nous
étions préoccupés voilà peu des enfants de l'ex-Yougoslavie.
C'est un fait que l'embargo imposé à l'Irak par la communauté internationale
est particulièrement dévastateur.
D.E.I.-France dénonce avec des associations Enfants du Monde Droits de l'Homme
la poursuite de l'embargo occidental contre l'Irak qui, en violation des principes
de la Convention de Genève relative aux conflits armés, s'en prend essentiellement
à la population civile. Cet embargo n'a plus de raisons vitales d'être :
la menace militaire est plus que réduite ; d'autres mécanismes existent
s'il s'agit de faire tenir ses engagements à ce pays ;
Dans ce contexte, les enfants sont les premières victimes du manque de nourriture,
de médicaments, mais également, des coupures d'eau et d'électricité. Les morts
d'enfants se dénombrent par milliers. La mortalité infantile s'est accrue considérablement.
On estime à plus d'un demi-million, le nombre d'enfants décédés du fait ou des
suites de la guerre de 1991.
Actuellement, ce sont près de 5 000 enfants, qui, chaque mois, mourraient
du fait de l'embargo. Par ailleurs, de très nombreux enfants souffrent des conséquences
de l'utilisation d'armes radioactives.
Dans certaines régions, plus de la moitié des enfants sont atteints de cécité
et beaucoup d'entre eux présentent des maladies de la peau pour lesquelles l'Irak
ne dispose d'aucun médicament.
Des démarches humanitaires comme celle d »'Enfants du Monde, Droits de
homme » qui a affrêté durant l'été 2000 des avions pour transporter des
vivres, de matériels médical et des médicaments tentent à leur risques et périls
de briser l'embargo servant un peu de fer de lance au gouvernement dont on sait
qu'il est favorable à ce qu'il soit mis fin à cet embargo et d'une manière général
tout embargo dont finalement les populations civiles et les plus faibles de
ces populations son les victimes. L'embargo sur Cuba n'a plus aujourd'hui de
raison d'être s'il en a eu un jour.
Hors de toute référence au conflit passé, D.E.I.-France demande au gouvernement
français d'accroître sensiblement ses efforts pour que cesse ce crime contre
la population irakienne et ses enfants et de développer les stratégies qui s'imposent
pour combattre au plan mondial tous les embargos existants.
64 Le travail des enfants
Le critère sur lequel s'appuie toute la Convention pour justifier les décisions
à prendre à l'égard des enfants est rebaptisé l'intérêt supérieur de l'enfant.
Même si l'on dit que ce critère est flou, mal défini, il a l'avantage de la
souplesse et d'être un critère à la fois de contrôle et de solution.
En sa qualité de sujet de droit et exerçant ses droits, l'enfant international
a contribué , depuis ces dix dernières années, à l'élaboration de certains outils
et concepts par des actions parmi lesquelles :
La marche contre le travail ou plutôt l'exploitation des enfants a permis l'élaboration
du concept “ citoyenneté caddy ”. Par cette notion, on
invitait les adultes citoyens des pays riches à se solidariser des enfants des
pays pauvres en boycottant les produits des marques, exploitant des enfant en
une forme d'esclavage moderne.
L'efficacité d'une telle mesure est contestable dans le temps et l'espace car
il faut partager la responsabilité entre la sphère publique. (les Etats signataires
de la Convention prétendent ne rien encourager dans ce sens quand le problème
relève du domaine des contrats de travail) et la sphère privée (l'enfant rapporte
à la famille un revenu additif, donc ce sont soit ses parents, soit son tuteur,
qui l'autorise à travailler et parfois ce travail s'analyse en une démarche
d'éducation et de formation à la citoyenneté).
Les Etats sur le territoire desquels ces aberrations sont perpétrées sont tous
signataires de la Convention. La Convention sert d'alibi et de vitrine d'honorabilité
internationale alors que la réalité est autre.
250 millions d'enfants de 5 à 14 ans travailleraient dans le monde, dont un
peu plus de 60% en Asie.
D.E.I.-France se réjouit donc que le gouvernement français ait soutenu la
démarche pour Convention sur les pires formes de travail des enfants votée l'Organisation
Internationale du Travail (O.I.T.) lors de sa 87e session de la Conférence internationale
du Travail.
D.E.I.-France souhaite être associée aux travaux de transposition de la directive
européenne sur le travail des enfants de 16 à 18 ans.
A travers les adoptions internationales, se développe une véritable marchandisation
de l'enfant. Les adoptions sauvages ou par arrangement entre les adultes au
mépris total de l'intérêt supérieur de l'enfant qui est entre autre le droit
d'être élevé par ses parents et de connaître ses origines. (Voir infra sur la
circulaire de février 1999)
65 L'adoption
internationale
D.E.I.-France a été indigné par l'adoption en première lecture par l'Assemblée
nationale d'une proposition de loi présentée par M. Mattei pour faciliter l'adoption
des enfants venus d'ailleurs.
Nous avons choqué par la forme : ce texte a été présenté et adopté dans
le cadre de ce que l'on appelle communément la niche parlementaire offerte aux
groupe de l'Assemblée. Aucune concertation préalable avec les associations n'a
été mise en œuvre dans la mesure où ce texte était promu par des groupes
de pression pro-adoptions. Des ministères concernés prévenus au dernier moment
obligés d'allumer des contre–feux ont prévenu les associations et les
professionnels susceptibles d'avoir un point de vue critique sur un texte qui
bien évidemment recèlent des chausses-trappes. Bref, une pratique indigne d'une
démocratie moderne. A tout le moins un mauvais travail parlementaire .
Le fond bien évidemment méritait de multiples critiques. Elles furent difficiles
à faire entendre tant il est vrai que les groupes pro-adoptions internationales
avaient leurs représentants à tous les niveaux – cabinets ministériels,
parlement, presse – à travers des personnes ayant adopté. Difficile de
se faire alors le porteur de la voix des enfants !
Il s'agit de se référer à la circulaire du 16 février 1999 (J.O. du 2 avril
1999).
Les instructions aux procureurs de la République de Madame la Garde des Sceaux
nous semblent avoir suscité à tort, beaucoup de réactions de la part des mouvements
de parents adoptifs qui dénoncent le verrou posé à l'adoption d'enfants venant
de l'étranger. Cette circulaire a été présentée comme un “ oukase ”
qui “ met désormais en péril l'institution de l'adoption plénière
pour toute une catégorie d'enfants adoptés à l'étranger ”.
Il ne semble pas que telle soit l'intention et l'effet des disposions adoptées.
La circulaire se fonde sur les principes énoncés dans la convention et spécialement
dans les articles 18 et 20. L'idée qui domine est le respect du statut d'origine
de l'enfant.
Des précautions sont prises et auraient dues l'être de longue date pour respecter
nos engagements internationaux mais aussi garantir les droits de chacun : enfants,
parents biologiques (souvent très pauvres) et candidats à l'adoption. Il convient
également de garantir les intérêts de la de la France : la venue d'un enfant
en France pour y être adopté doit être conforme aux règles internationales applicables.
A défaut des incidents diplomatiques sont possibles. On sait que tel est loin
d'être toujours les cas. Les “ trafics ” sont une réalité
indéniables qu'un Etat comme la France ne peut pas couvrir. Ils défraient régulièrement
la chronique.
D'abord on observe que pour les enfants originaires des Etats signataires de
la Convention de La Haye du 28 mai 1993 ratifiée par la France en février 1998
l'accueil en France sera facilité. Pour ces pays il n'y aura plus besoin de
requête en adoption devant la juridiction judiciaire. Les décisions d'adoption
plénières prises dans le pays d'origine seront reconnues et transcrites par
le service central de l'état-civil de Nantes.
Pour les autres pays s'agissant des enfants âgés de moins de deux ans, la circulaire
recommande de ne pas admettre l'adoption « plénière » si l'enfant
n'a pas été remis par un organisme similaire à l'aide sociale à l'enfance ou
un organisme privé agréé pour l'adoption. En d'autres termes en étendant à l'adoption
internationale le dispositif valable en interne on s'inscrit dans la lignée
suivie de longue date et qui voulait déjà dès 1984 que l'on réduise les différences
entre les deux démarches. On entend couper court à la plupart des risques de
trafics.
D.E.I. observe que l'adoptabililité s'appréciera toujours au regard du droit
du pays d'accueil et non pas du droit du pays d'origine ce qui ne manque pas
de faciliter l'adoption mais de choquer. On crée le risque de voir se créer
des rapports de forces irréversibles qu'il s'agisse des violences d'Etat (ex.:
les enfants chiliens adoptés en Israël à l'initiative du régime de Pinochet
ou des trafics).
On saluera l'attitude des magistrats qui dans ces cas là préfèrent l'adoption
simple (qui ajoute une filiation) à l'adoption plénière qui efface l'histoire
de l'enfant.
66 Le Programme Enfants séparés en
Europe
La multiplication des conflits régionaux et l'exacerbation de la misère dans
une bonne partie du monde ont pour conséquence, l'exode massive des populations
adultes avec ou sans leurs enfants. Cette lutte pour la survie, se traduit par
une arrivée massive des enfants non accompagnés ni par leurs parents ni par
ceux qui sont réputés être leur responsable, à défaut de leurs parents. En 1999,
ils étaient 13 600 – au moins devrait-on ajouter – dénombrés par
le HCR en lien avec Save the Children.
C'était le cas des enfants du Rwanda, des enfants de l'Ethiopie, de la Somalie,
de la Sierra Léone, du Liberia, du Congo, de l'Angola, de la Bosnie, de l'Albanie
et du Kosovo, pour ne citer que ceux-là vers les pays voisins immédiats ou vers
l'Europe de l'Ouest : Italie, France, Allemagne. (2)
L'appellation “enfants séparés ” a été préférée à mineurs non
accompagnés, car recouvre une réalité plus large. Le P.E.S.E. a pour but de
promouvoir le respect des droits des enfants arrivés seuls en Europe. Tous ces
enfants ont droit à une protection internationale.
La réponse européenne est simple : droit d'asile ou refoulement. Pas ou
peu de réponses spécifiques : « Les besoins et les droits spécifiques
des enfants non accompagnés ne sont généralement pas bien compris et mis en
oeuvre dans les politiques nationales en matière d'asile « affirme
le HCR qui appelle à un statut intermédiaire garantissant le droit au séjour
des jeunes. On ne peut qu'approuver (conf. supra page 50 pour les enfants se
présentant en France)
67 La lutte contre la prostitution et
l'exploitation sexuelle des enfants par_delà l'affichage…
Le procès exemplaire instruit à Paris en octobre 2000 devant la cour d'assises
contre l'homme qui avait violé en 1994 une gamine de 8 ans en Thailande doit
être salué. Il ne s'agit pas exactement d'une première comme la presse l'a avancé.
A Draguignan et à Bobigny déjà dans le passé récent deux affaires ont été jugées
mettant en cause des touristes sexuelles. A Draguignan la condamnation avait
d'ailleurs été particulièrement sévère (12 ans à contre un récidiviste de 80
ans qui organisait des voyages sexuels. Reste que le passage en cours d'assises
est une première avec toute la symbolique qui s'attache aux assises. On sait
qu'en l'espèce pour instruire la plainte soutenue parle Comité français de l'Unicef
la justice disposait d'une cassette donnant à voir le viol de l'enfant.
La jeune fille était présente à l'audience soutenue par sa famille et le Comité
français de l'UNICEF
Ce procès avait comme autre particularité : la repentance de l'agresseur
qui admettait sa faute ,demandait pardon à l a jeune victime, et démontrait
avoir engagé le traitement pour lutter contre ses pulsions. Au point où le parquet
et la partie civile appelait la cour et les jurés à faire preuve de mansuétude
à son égard. Il ne devait pas être la victime expiatoire de tous ceux qui n'ont
pas été arrêté car il est évident qu'il n'est pas le seul français à avoir été
pratiqué le tourisme sexuel en Thaïlande depuis 84 ( on sait aussi que sont
également punissable en France de puis 1998 les étrangers résident habituellement
en France)
Dans ce contexte la défense demandait un sursis quand le parquet réclamait 10
ans d'emprisonnement. Elle avançait qu'il fallait privilégier les actions de
sensibilisation à la répression.
La cour a condamné à 7 ans d'emprisonnement et donné droit aux demandes de la
parties civiles.
La répression pénale a certes des limites, mais, ici comme ailleurs, elle peut
jouer un certain rôle. Il est important notamment de marquer fermement et publiquement
des limites, quand certains auraient tendance à jouer sur le flou de certains
repères (Qu'est-ce que l'enfance ? Qu'est-ce qu'un consentement ? Qu'est-ce
qu'une relation sexuelle ?) que le commun des mortels a admis simplement et
sans ratiociner. La loi ne comporte pas de flou "artistique" : elle
donne des réponses claires à ceux qui auraient tendance à la dénigrer ou à l'interpréter
pour justifier leurs pratiques.
Aujourd'hui, dans notre pays comme dans bien d'autres, les esprits se sont éveillés.
On a cessé de considérer le pédophile pour se pencher sur l'enfant, la victime.
Le bâtonnier Pettiti, disparu en 1999, parlait très justement de crime contre
l'humanité. A juste titre. Il est quand même difficile d'affirmer que ce que
font vivre les pédophiles aux enfants répond aux standards internationaux des
droits de l'homme et de l'enfant !
Une meilleure considération de la personne de l'enfant liée à la dynamique de
la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant a rendu encore plus
vive cette prise de conscience de la forme d'exploitation de l'enfant par l'homme
qu'est la prostitution infantile. Les faits montrent combien la relation enfant-adulte
que nous pouvons connaître dans nos pays n'a rien à voir avec le plaisir ou
l'amour. Elle est profondément inégalitaire. Ces adultes obtiennent des enfants
ce qu'ils n'obtiendraient pas, avec ou sans argent, en jouant de leur influence,
d'adultes de leur âge. Dans les pays où règne la prostitution, ces enfants sont
tout simplement l'objet de l'exploitation par l'homme.
Souvent vendus par des parents sans ressources, ils nourrissent les appétits
des Européens ou Japonais en mal d'enfants, d'amour et de sexualité (apparemment)
facile. Ces enfants sont contraints de vendre leur corps et leur dignité pour
survivre et pour faire vivre leur famille, parfois pour un simple paquet de
cigarettes, comme cela se pratique en Tunisie... En tout état de cause, ils
sont les petites mains esclaves d'une lucrative industrie du plaisir dont les
pédophiles sont les clients-rois.
Dans cette période sur-médiatisée, il devient difficile de prétendre que l'on
ne sait rien de cette industrie criminelle, que tout cela se passe ailleurs
et "loin de chez nous" ou bien que ce marché ne concerne que les enfants
d'un sous-peuple d'un pays en voie de développement. La mondialisation des média
est aujourd'hui telle que nul ne peut prétendre tenir ce discours-alibi trop
souvent avancé au cours de l'Histoire pour camoufler nos démissions honteuses.
D'autant que jusqu'à une période récente, certains pédophiles, eux, ne se cachaient
pas qui faisaient développer leurs films de vacances en Thaïlande, au labo-photo
du coin...
La négligence confinant à la complicité passive. En fait, nos pays n'étaient
pas totalement désarmés dans leur arsenal juridique pour combattre le fléau
pédophile, mais ils n'y avaient guère recouru.
Les choses ont changé. Et comme souvent à l'occasion de ce genre de revirement,
on n'échappe pas à des dérapages. C'en est fini du sentiment d'impunité
Notre droit a dû s'adapter aux nouvelles formes de communication, aux nouveaux
supports de transferts d'information comme Internet pour lutter avec d'autres
pays contre le tourisme sexuel, ou bien se livrer le plus efficacement possible
aux recherches d'enfant. A cet égard, la loi sur le tourisme sexuel du 1er février
1994 est exemplaire. Son adoption doit à l'engagement de certains parlementaires
de tous bords politiques relayant les militants et les professionnels.
On a pu craindre que ces lois servent de bonne conscience à une société soucieuse
de l'affichage politique, notamment par rapport aux instances internationales.
Faute d'une instruction ministérielle pour inciter à l'application de la loi
de 1994 sur le tourisme sexuel, il fallut attendre 1997 que la première condamnation,
sévère au demeurant, intervienne à Draguignan contre un réseau de touristes
sexuels français. Depuis on dénombre à peine trois nouvelles condamnations avec
celle qui vient d'intervenir à paris ! Il semble que le compteur judiciaire
reste bloqué.
On pourrait croire qu'aucun Français ou résident étranger en France ne s'est
rendu, dans le délai de la prescription, aux Philippines ou dans un autre pays
pour y pratiquer le safari photo sur enfants... Mais ne rêvons pas.
Les autres pays qui ont adopté des législations analogues ne font pas preuve
non plus d'une grande activité pénale. En revanche, le débat est entretenu par
des actions de sensibilisation menées avec les professionnels du voyage.
Admettons que la lutte contre ce type de délinquance particulièrement contestable,
n'était pas une priorité pour la Chancellerie et les collègues des parquets.
Dans le cadre de l'affaire Dutroux, les journalistes indépendants sont parvenus,
depuis leur bureau à remonter des filières asiatiques, en découvrant de la documentation
dans des librairies parisiennes permettant de "commander" une centaine
de très jeunes enfants devant leur être "livrés" à Paris. Si les
policiers, avec les moyens dont ils disposent, ne font pas le même parcours,
c'est bien qu'on les empêche de le faire ou que l'on ne les y incite pas.
Plus que jamais on doit revendiquer que certaines pratiques à grande échelle
d'exploitation sexuelle des enfants, comme l'organisation de réseau de prostitution
infantile, relèvent d'une Cour de justice internationale et prennent la qualification
de crime contre l'humanité. Ces réseaux s'assimilent à de l'esclavage, à l'atteinte
fondamentale de la dignité humaine ou encore à l'exploitation de la faiblesse
d'une population, s'inscrivant dans un plan concerté et organisé à grand échelle
par quelques personnes pour leur enrichissement personnel. Les jeunes victimes
montre qu'elles ne sont pas issues des milieux les plus favorisés de la société.
Les pédophiles choisissent leurs proies. La faiblesse de leur environnement
familial est un critère parmi d'autres qu'ils privilégient instinctivement.
Et ceux qui montent ces réseaux, ceux qui les tolèrent, compte tenu de leurs
responsabilités politiques, ceux qui les rendent possibles sont auteurs ou complices
de ce crime contre l'humanité .
La ministre de la famille et de l'enfance a salué le 22 octobre 2000 la condamnation
prononcée par la cour d'assises de Paris le 20 octobre 2000 comme une victoire
et félicité le Comité français de l'UNICEF et l'association thaïlandaise FACE.
On peut douter que s'en soit fini, comme l'annonce la ministre avec un brin
d'optimisme « de l'impunité pour de crimes et des délits commis en profitant
de l'éloignement et de la pauvreté ».
On retiendra surtout l'annonce d'un programme d'aide aux associations pour renforcer
leur vigilance et leurs aides aux victimes. Une nouvelle campagne d'information
avec l'appui des compagnies aériennes et les agences de voyage est prévue..
On entend veiller au respect de la Charte nationale d'étique du tourisme adoptée
parle 190 septembre 2000 sous l'impulsion de Mme Demessine pour mettre en musique
du code mondial d'éthique du tourisme adopté par l'organisation mondiale du
tourisme (OMT) en octobre 1989.la France serait le premier pays du monde a avoir
décliné ce code dans une dimension nationale. Dont acte.
L'interrogation sur un (voire deux) certain(s) CD rom pédophile néerlandais
On ne peut pas ne pas être préoccupe sur le (non) traitement judiciaire d'un
C.D. découvert chez un super-pédophile néerlandais.
Il a fallu en avril dernier que la presse – en l'espèce l'humanité - affirme
posséder ce C.D. rom comportant paraît-il 8000 photos d'enfants non seulement
agressés sexuellement, mais encore torturés pour que la justice prenne au sérieux
un document quand même pas banal qui lui avait été transmis par le ministère
de la justice lui-même alerté par l'Elysée qui l'avait reçu de Hollande. En
d'autres termes il semble bien que la ministre de la justice ait appelé publiquement
des journalistes à remettre aux autorités judiciaires un document qu'elles possédaient
depuis un an et qu'elles avaient classé sans suite estimant qu'il n'y avait
pas d'infractions pénales. Après avoir vu ce que le s médias télévisés ont montré de ce C.D.-rom on doit s'interroger sur ce le classement sans suite initial.
Depuis une instruction a été ouverte, mais il a fallu que les parents qui avaient
de sérieuses raisons de penser que leur enfant était sur ce C.D. se rendent
en Suisse pour visionner ce document quitte à se voir dire depuis qu'il ne s'agissait
pas de leur enfant. Depuis un deuxième C.D. rom contenant deux fois plus de
photos a été découvert. On s'interroge sur le traitement judiciaire de ce genre
d'affaires
Comme on s'interroge à voir certains reportages télévisés continuant à remonter
de filières pédophiles en France comme à l'étranger avec des interlocuteurs
qui ne se cachent pas de leur activités d'intermédiaires pour ne pas dire de
proxénètes. D'évidence ces personnes bénéficient de protections.
En d'autres termes on a bien le sentiment, s'agissant de la pédophilie, de vastes
réseaux qui n'hésiteraient pas à pratiquer la torture, sinon le meurtre d'enfants,
parfois de très jeunes enfants – on voit des fillettes d'un an violées
sur certaines photos. D'évidence la télévision, les magnétoscopes et aujourd'hui
internet multiplient les facilités. On doit craindre de découvrir très près
de nous des implications et des cautions.
On ne peut pas être surpris devant l'absence de réaction face à l'enquète menée
par l'équipe de Canal +. De deux choses l'une : ou cette enquête n'est
pas sérieuse et il convient de démentir rapidement et fermement ; soit
les faits sont vrais auquel cas on se doit de rassurer l'opinion. Le manque
de relais ou d'interpellation des autres média est aussi un mystère.
En saluant les efforts déjà développés D.E.I.-France réitère sa demande aux
pouvoirs publics :
- de prendre les dispositions par voie d'instructions pour affecter les policiers
à la poursuite de ces faits criminels et à veiller à ce que les magistrats exercent
une particulière vigilance sur le tourisme sexuel.
- soutiennent matériellement les associations françaises qui ont investi pour
faciliter cette prise de conscience et cette réaction institutionnelle.
- rendent publics régulièrement les résultats obtenus par la police et les condamnations
judiciaires intervenues.
68 Rendre
les outils plus performants
Non seulement, il nous faut en “ temps réel ” apporter
des réponses à des problèmes qui émergent régulièrement dans tous les coins
de la planète, mais il faut encore faire l'effort d'améliorer nos outils d'intervention
et conceptuels.
Le Comité des droits de l'enfant, a été institué par l'article 43 de la Convention
pour mission d'examiner les progrès accomplis par les Etats parties dans l'exécution
des obligations contractées par eux.
Chaque Etat partie à la Convention doit soumettre, une première fois, deux ans
après ratification de la convention un premier rapport afin de permettre au
comité 'avoir un aperçu approfondi de la mise en application de la Convention.
Il doit indiquer les facteurs et les difficultés qui empêchent la conformité
de ses actions à la Convention. Ensuite, tous les cinq ans, l'Etat doit déposé un rapport.
Bien que la compétence du comité ne soit pas limitée aux pays membres et qu'il
ne soit pas mandaté pour recevoir et examiner des plaintes individuelles concernant
la violation des droits de l'enfant ( article 45 de la Convention), il peut
faire des suggestions ou des recommandations.
Afin d'éviter que la Convention soit réduite à une parade ou à un droit sur
le papier, DEI-France recommande :
une veille
informative accrue, un devoir d'aide à l'interprétation et à la compréhension
de ce traité international, au langage technique spécifique afin que tout un
chacun contribue avec efficacité à la réalisation et à la consolidation des
droits de l'enfant.
une recherche
et vérification de l'information dans des domaines où les rapports des gouvernements
n'en fournissent pas suffisamment ou dans des domaines sensibles couverts ou
non de manière incorrecte ou équivoque. Et que ces informations soient marquées
du sceau de la pertinence, de la fiabilité et de la crédibilité quant à leurs
sources.
une interpellation
régulière de l'Etat, des collectivités locales et des élus devant la représentation
nationale sur les cas constatés de violation ou en voie de l'être, des droits
de l'enfant au nom de la vigilance et du principe de précaution.
Vérification de la transversalité des outils.
Devant la diversité des intervenants dans l'univers de l'enfant, devant la complexité
des problèmes auxquels sont confrontées les questions de citoyenneté actuelle
et en devenir de l'enfant,
D.E.I.-France recommande :
l'essai
d'une définition de l'intérêt de l'enfant non pas par rapport à la Convention
seule, mais par rapport à l'ensemble des instruments juridiques internationaux
qui traitent de cette question et de ce problème.
la
valorisation des démarches visant à associer l'enfant aux décisions quoi le
concernent sans négliger :
d'entendre
l'enfant d'une part, ses parents d'autre part, et peut-être un frère, une soeur,
le cercle familial restreint ;
d'entendre
les travailleurs sociaux ou tout autre expert ;
de
tenir compte du contexte ethnique, religieux et culturel de la famille ou du
tuteur. Encourager l'affranchissement de l'enfant de son contexte ethnique culturel
ou religieux si un tel contexte sert plus tôt à asservir l'enfant et compromettre
ses intérêts que le servir.
Le partenariat multiforme a effet de réseaux et de démocratie de la médiation
L'enfant n'est plus le bénéficiaire passif de ce que l'adulte veuille bien lui
donner. Avec ou sans sa famille, il est de plus en plus fréquemment l'acteur
de ses droits. Il participe aux décisions sur ce qui doit être fait et sur la
manière de le faire et travaille ensemble les personnes qui sont ses responsables.
Cette manière de l'action implique une obligation : en répondant à un droit,
on ne doit pas négliger ou violer d'autres droits. (3).
Constatant que la conception des droits de l'enfant risquent de subir le sort
que subit la Convention des droits de l'homme, c'est-à-dire de nombreuses violations
ou le mépris au nom de la raison d'Etat.
D.E.I.
- France recommande :
une clarification
entre la légalité et la légitimité d'une puissance qui agit en violation des
droits de l'enfant ;
l'élaboration
de principe faisant en sorte que la Convention ait sa dynamique propre parmi
le corpus du droit d'ingérence ou devoir d'ingérence humanitaire ;
le
développement des partenariats multiformes et interdisciplinaires afin d'étudier
la pertinence des moyens et des moments, de l'aide publique à accorder aux institutions.
La médiation citoyenne est, de l'avis de DEI-France, la démarche qui convient
de développer auprès des associations, des collectivités locales et autres partenaires.
Il n'est plus simplement question d'arbitrer des conflits d'intérêts ou de donner
des avis consultatifs mais d'agir pour tenter de remédier à des situations difficiles
et de lutter ainsi indirectement contre les violations des droits de l'enfant,
qu'il soit victime ou pas. Les partenariats réseaux tels le P.E.S.E. avec le
H.C.R. et la démocratie de médiation (médiation citoyenne), exercée en toute
connaissance de cause par les associations - le plus souvent par une coopération
entre les secteurs publics et les secteurs privés, ont plus de chance d'asseoir
les droits de l'enfant sur des fondements solides, puis de trouver des leviers
pérennes d'insertion.
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| Mise à jour : samedi 3 novembre, 2007 11:54 | Cliquez ici pour imprimer cette page | © DEI France |